Aux enfants meurtris

Une pensée particulière aujourd’hui pour toutes les personnes dont l’enfance a été meurtrie. Les causes peuvent en être diverses. La vie n’est pas avare d’épreuves. Il peut s’agir de violence physique, psychologique, cela peut être des abus subis, des épreuves, des deuils, auxquels l’enfant n’est pas prêt à faire face. Il y a tant et tant de choses qui peuvent faire mal et générer dans le cœur de l’enfant une souffrance terrible, qui va s’ancrer, s’accrocher et subsister à l’âge adulte.

Pourtant, il n’y a rien de plus beau et de plus pur que l’enfance…. Mais l’enfant qui a souffert a dû se construire avec cette souffrance, avec ces incompréhensions de ce qui lui arrive. Des mécanismes de « survie » se mettent parfois en place… l’oubli en est un… le silence également…. On se tait, car il n’y a pas de mots pour dire ce que l’on vit, combien on souffre. Les années passent et on devient un adulte, en quelque sorte, incomplet… Il nous manque une part d’insouciance… On est devenu méfiant, on n’ose pas faire confiance et encore moins SE faire confiance.

Je me souviens d’un prêtre que j’ai connu il y a très longtemps et qui nous disait : « devenez des adultes mais pas des grandes personnes ». Car la « grande personne », c’est celui qui refoule ce qu’il a vécu, en bien ou en moins bien, qui se comporte comme s’il n’avait jamais été enfant ou ado (d’ailleurs, en général, il ne les aime pas). L’adulte, c’est celui qui est autonome dans sa vie, qui fait ce que la famille, les amis, la société attendent de lui. Mais l’adulte se souvient de l’enfant. Et l’enfant qui a souffert devient un adulte qui souffre.

Cependant, lorsqu’il arrive à remettre les choses en perspective, à regarder son enfance en observant la situation de l’extérieur, il va s’apercevoir qu’il n’est en rien fautif de ce qui lui est arrivé, bien au contraire. On n’est pas responsable de ce qui nous arrive, on est responsable de ce qu’on en fait. Alors, au lieu de vous en vouloir, de ne pas avoir d’estime de vous-même.

Pensez à cet enfant que vous étiez, que vous êtes encore…. Cet enfant vit à l’intérieur de vous… aimez-le, donnez-lui tout ce qu’on ne lui a pas donné, aimez-le de tout l’amour qu’il n’a pas eu, expliquez-lui tout ce qu’il n’a pas compris, aidez-le de toutes vos forces. Réconciliez-vous avec l’enfant que vous êtes, appréciez-vous et construisez votre vie du mieux que vous pouvez, avec l’ensemble de votre vécu… Faites en sorte que votre avenir ne soit pas aussi sombre que votre passé. C’est ce que je vous souhaite aujourd’hui…

Je vous envoie les ondes positives de cette main d’enfant qui vient se blottir dans les mains de l’adulte…